De la Bolivie à l'Irlande il n'y a qu'un pas...
22 Septembre 2012
Imaginez : nous sommes au crétacé. L'Homme n'en est même pas au stade de l'embryon et les dinosaures sont rois. Voilà l'environnement dans lequel Adeline et moi avons passé le week-end. Enfin plus ou moins...
C'est notre 4ème semaine en Bolivie et nous allons pouvoir profiter de notre premier long week-end. Le vendredi 14 septembre est un jour férié à Cochabamba (fête de la vierge). Plusieurs bénévoles de Mano a Mano Bolivia (l'ONG dans laquelle nous effectuons notre stage) ont prévu un week-end au parc national Torotoro. Nous sautons sur l'occasion et décidons d'aller voir de plus près ce site qu'on nous a décrit comme « bellisimo ». Et pour changer nous allons devoir faire face à certains obstacles...
Le départ est prévu à 18h de la « calle república ». A 17h30, le taxi me dépose et je retrouve Rourke, un bénévole américain, ainsi que trois amis à lui. Adeline nous rejoint un peu plus tard. C'est là qu'on nous annonce qu'il n'y a plus de places dans le bus... Je regarde Adeline et nous rigolons... impossible de faire une excursion sans rencontrer au moins un problème! Les américains sont prêts à payer un « taxi » jusqu'à Torotoro mais pas nous. Surtout que le conducteur ne nous paraît pas être quelqu'un de confiance, il a changé de prix 3 fois en 15 minutes! Finalement et après moultes négociations, une bolivienne nous obtient des places...dans le couloir-le voyage va être long-. C'est donc debout que nous commençons le trajet. Bien entendu, au bout d'une heure je n'en peux plus et tente de m'asseoir, les genoux qui touchent mon menton, un bout de siège dans le dos et le moteur juste en dessous-je ne vous parle pas de la chaleur-! Le chemin est pavé, la nature sèche et les alentours nous donnent la désagréable impression d'être conduites dans l'antre des dinosaures, pour leur prochain repas-« welcome to jurassic park » (Adeline)-... Ce n'est que 6h plus tard que nous arrivons à destination. A première vue, Torotoro est une ville...il est temps de dormir, la visite c'est pour demain!
Nous sommes le samedi 15 septembre. Après un petit-déjeuner copieux, nous rejoignons notre guide, Victor, (il est interdit de se promener dans le parc national sans en avoir un) sur la place principale. Armée de mon appareil photo, de ma gourde et de mes chaussures de randonnée, je suis prête pour la découverte. Un peu moins d'une heure de voiture est nécessaire pour se rendre au départ de notre randonnée matinale à «la ciudad de itas» (la cité de pierre) à quasiment 4000m d'altitude. Le paysage est à couper le souffle. Il y a des montagnes à perte de vue, et cette impression d'avoir emprunté les portes du temps se confirme! La marche débute avec...un groupe de touristes habillés en orange fluo -c'est parfait pour les photos-! Nous les dépassons et empruntons un chemin de terre, jonché de rochers et dépourvu de végétation. Chacun des rochers que nous rencontrons est splendide. Certains ont des formes d'animaux, d'autres semblent être des dinosaures endormis, d'autres encore cachent des cavernes gigantesques... Parfois, un peu d'escalade est nécessaire mais chaque fois nous parvenons à des endroits magnifiques. Itas est une véritable petite ville de pierre avec des lieux qui ressemblent à une église, une court de justice, une salle de réception... Je me sens un peu comme une petite fille. Je saute de rocher en rocher, grimpe dans les arbres...je retrouve mes amours d'enfant! Nous avons même la chance de pouvoir observer le vol majestueux du condor. Puis arrive le moment où nous devons partir...pour nous rendre dans la grotte-oui la vie est dure-!
Après un sandwich et une micro-sieste sur la route, nous parvenons à l'entrée de la grotte... Équipés de très seyants casques nous commençons la descente. Elle serait apparue après la disparition des dinosaures. 650 mètres de dénivelé nous attendent. Peu à peu la lumière disparaît et Victor (notre guide) devient notre seule chance de sortie. Là encore, nous nous retrouvons face à des situations compliquées. Nous devons ramper, nous contorsionner, escalader et faire un peu de rappel...sans baudrier! Certes ce n'est pas très haut mais quand même. En ce qui me concerne, je me sens étrangement à l'aise accrochée à ma corde, le corps dans le vide, perpendiculaire à la roche. A un moment, nous nous arrêtons sur ce qui ressemble à une plage de sable fin. Notre guide nous demande d'éteindre nos lampes frontales et de profiter du noir le plus total et du silence... Une fois l'expérience terminée et les lampes rallumées, nous nous rendons compte que c'est un cul-de-sac. Peut-être est-ce la fin de la visite? Pourtant, Victor nous dit de continuer... Nous nous regardons tous sans comprendre et puis il nous dévoile un passage, sous la roche, très très étroit. Adeline se lance la première. Elle doit ramper dans le sable et passer un virage à 90° pour voir le bout-il ne faut pas être gros pour passer par là-, « c'est bon vous pouvez y aller! » Nous la suivons et découvrons une nouvelle salle immense, pleine de blocs de rocher comme s'il venait d'y avoir un tremblement de terre. Et puis nous entendons un bruit, le bruit de l'eau. Nous avançons jusqu'à un lac et ses poissons étranges...avec deux antennes, aveugles et tout blancs! Victor, a bien tenté de nous faire croire qu'il fallait traverser à la nage mais nous n'y avons pas cru, enfin pas vraiment... Le retour est tout aussi magnifique : le silence, la nature et la fraîcheur. Malgré tout, je suis contente d'en sortir, j'ai besoin de repos! Pourtant, le deuxième obstacle fait son apparition!
Nous n'avons plus d'argent pour payer la voiture et l'hôtel, et il n'y a pas de distributeur... Assises sur un banc de Torotoro, nous réfléchissons. Nous n'avons d'autre choix que de demander aux américains de nous avancer l'argent nécessaire, ce qu'ils font. Une douche bien méritée, un bon repas et au lit!
Levés aux aurores pour profiter de cette dernière matinée ici. Direction le canyon Torotoro! Mais avant ça, nous retraversons les portes du temps et découvrons avec émerveillement des empreintes de dinosaures. Des grandes, des petites, des immenses, c'est vraiment impressionnant et je retombe encore une fois en enfance! Puis nous nous enfonçons dans le canyon. 250 mètres de profondeur et une impression de liberté. Jusqu'à ce que nous rencontrions une charrette... une touriste bolivienne qui s'arrête toutes les minutes pour prendre une photo -j'ai de plus en plus de mal avec ces touristes-là-! Bien entendu, nous descendons par un escalier abrupt qui nous empêche de la dépasser! Nous arrivons finalement en bas, tout en sachant que nous allons devoir tout remonter. Nous marchons dans le lit de la rivière qui nous guide jusqu'à une cascade magique! Comme si elle sortait tout droit d'un dessin animé, d'un monde féérique! Là encore, la seule ombre au tableau est le groupe de touristes devant nous qui n'arrête pas de crier... Mais il est temps de repartir, de remonter les marches et de quitter dinotopia... Sur le chemin du retour, Victor nous montre un dessin d'un peuple de nomades datant de 4000 ou 5000 avant J-C. Et puis nous arrivons à Torotoro où je me dois de faire une photo avec la reproduction du T-Rex sur la place principale.
Les portes du temps se referment! Il est temps de rentrer; assises sur des sièges cette fois-ci. Nous sommes épuisées mais quelle aventure! La Bolivie a encore tant de secrets à nous dévoiler...