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De la Bolivie à l'Irlande il n'y a qu'un pas...

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Le Machu Picchu ça se mérite – 3ème et dernière étape de notre périple andin

Le Machu Picchu ça se mérite – 3ème et dernière étape de notre périple andin
Voilà comment cette dernière étape a bien failli se transformer en « pourquoi nous n'avons pas visité le Machu Picchu »!

La journée du 27 août avait pourtant bien commencé. Nous nous réveillons endolories mais reposées. Au petit-déjeuner, nous goûtons pour la première fois le fameux mate de coca. Cela ressemble beaucoup au thé vert pour moi sauf qu'à la fin de ma tasse, j'ai senti ma tête tourner...peut-être était-ce la fatigue! En tout cas nous quittons la ville de Yumani, qui s'étale sur un flanc de montagne très raide, (partie sud de l'île) pour Copacabana. Il est l'heure du repas lorsque nous arrivons et nous décidons de manger une pizza –ce n'est pas vraiment du typico local mais bon...- face au lac. Le bus pour Cuzco ne part qu'à 18h30 alors nous flânons un peu dans la ville. Nous trouvons un bar très sympa, le « Mauraz » où nous buvons des jus de fruits frais, discutons avec le gérant et jouons au « jenga ». Rien de tel pour se reposer! Nous retombons en enfance jusqu'à ce que notre tour s'écroule... Un groupe de touristes français nous explique que le bus pour Cuzco ne partira pas ce soir et qu'on aura des informations demain à 6h30! C'est vrai qu'on nous avait dit que les « bloqueos » étaient fréquents ici, mais jusqu'à maintenant nous étions passées entre les mailles du filet. Nous nous rendons directement à la compagnie de bus qui confirme que des manifestants ont bloqué Puno, Pérou (passage obligé pour aller jusqu'à Cuzco). Nous sommes anéanties. Dans ma tête le voyage s'arrête là, je ne verrai pas cette merveille du monde qui me fait tant rêver... Le Machu Picchu devait être l'apogée de notre excursion! Cependant, nous gardons un mince filet d'espoir que peut-être, demain, le « bloqueo » prendra fin... Le seul point positif dans cette histoire, c'est que nous retournons à l'hôtel et que nous pouvons prendre une douche!

Nous nous levons aux aurores, en ce mardi 28 août, et nous rendons à la compagnie de bus. Peut-être avons-nous mal compris, mais personne n'est là! Même pas le groupe de touristes français... Il fait froid et nous attendons en fulminant contre on ne sait qui ou on ne sait quoi. Pourtant à à plus de 8H, la compagnie ouvre et nous annonce que le bus pourra partir à 17h30. Mais nous ne sommes pas pour autant rassurées, le bus peut être contraint de faire demi-tour. C'est donc une très longue journée d'attente qui s'annonce. Nous nous promenons sur la plage, mangeons et essayons de ne pas nous donner trop d'espoir.

Arrive l'heure du départ tant espéré... Le blocage semble terminé! Nous allons monter dans le bus quand le chauffeur nous demande passeports et tickets. Et là, allez savoir pourquoi, il s'énerve contre nous en disant que nous n'avons pas le papier vert et que nous ne passerons jamais la frontière! Deuxième coup de massue, le sort s'acharne! Je croise le regard d'Adeline, nous sommes interloquées, nous ne comprenons pas de quoi il parle. Nous envisageons de partir et de laisser notre rêve derrière nous quand le chauffeur nous dit de monter dans le bus, comme si de rien n'était... Un des français rencontré hier nous explique alors que c'est un papier donné à notre arrivée à l'aéroport et qu'il faut garder avec nous. Il ajoute ensuite que les douaniers peuvent nous demander de les repayer ou pire... « nous faire des ennuis »! Très intelligent de sa part de nous dire ça alors que nous sommes totalement paniquées... J'ai l'impression d'être retournée à l'aéroport de Miami : perdue, désorientée, et avec l'envie de rentrer chez moi! Heureusement Adeline est un peu plus calme et tente de me rassurer. Et elle a raison, pourquoi nous empêcheraient-ils de passer pour un papier qui dit la même chose que notre passeport? Au pire nous paierons et puis voilà. Le trajet jusqu'à la frontière semble pourtant durer une éternité. Il fait nuit noire quand nous y parvenons. Au point où j'en suis je n'arrive même plus à faire une phrase cohérente, et encore moins en espagnol. Pourtant, les douaniers ne nous font aucun problème, il nous demande simplement d'en remplir d'autres et de payer 30 Bs chacune. Je lui donne un billet de 100 et n'ayant pas de monnaie il nous rend 50Bs... A ce moment précis j'ai bien envie d'étrangler le chauffeur qui était totalement désorganisé et qui avait envie de se défouler -contre deux jeunes françaises c'est plus facile-...

10 heures plus tard, nous arrivons à Cuzco, calmées mais fatiguées. Nous sommes le mercredi 29 août. Le terminal nous semble très inhospitalier! Les agences de tourisme se jettent sur nous pour nous proposer le Machu Picchu en groupe et en circuit organisé, les chauffeurs de taxi ne nous lâchent pas et nous avons l'impression que se rendre au Machu Picchu est impossible! Troisième obstacle de taille...Les français, qui voulaient également s'y rendre, nous expliquent qu'ils vont dormir à Cuzco et qu'ils prendront un taxi jusqu'à Agua Calientes... Ils nous laissent donc en plan. Peu importe, nous commençons à être habituées. Nous nous asseyons et réfléchissons. Le guide du routard n'est absolument pas clair quant à la route à emprunter et aux possibilités si nous ne voulons pas payer très cher. Nous demandons donc à plusieurs autochtones, pour pouvoir recouper les informations. Au bout d'une grosse demi-heure, une alternative apparaît. Nous ne prendrons pas le trajet habituel (Cuzco-Ollantaytambo-Agua Calientes) qui est extrêmement cher! Nous prendrons le chemin le plus long mais qui ne nous coutera que 40 Nueva soles (12 euros). Nous nous rendons à un autre terminal pour prendre un bus pour Santa-María (6 heures de trajet). Au départ la route est lisse, mais très vite nous empruntons des chemins de montagne -considérés comme des routes- très sinueux et pas très larges. Et puis, en écoutant le moteur du bus, je comprends que le chauffeur économise de l'essence en se mettant au point mort dans les descentes..! Je regarde Adeline qui a elle aussi remarqué ce...détail et qui n'a pas l'air rassurée du tout. Certes le paysage est magnifique, des montagnes immenses nous entourent de part et d'autres, mais ce trajet est un calvaire qui n'a rien de doux!

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Rassurant n'est-ce pas?

Rassurant n'est-ce pas?

Le Machu Picchu ça se mérite – 3ème et dernière étape de notre périple andin

Au bout de 6 heures, nous arrivons enfin à Santa-María. Nous prenons un mini-bus pour se rendre à Hidroeléctrica avec un couple homosexuel espagnol avec un enfant et un couple de français. Nous pensions avoir vécu le pire mais nous n'avions encore rien vu... Le mini-bus emprunte un chemin de terre, très étroit avec un ravin de quelques kilomètres à notre gauche... Il nous faudra 2 heures pour atteindre une centrale hydroélectrique où il n'y a rien d'autre... Le routard parlait d'un train qui était déjà parti...

Fort bien, nous allons donc marcher! Heureusement, nous discutons avec le couple de français montpelliérains qui nous propose de faire le trajet ensemble. C'est là que nous comprenons que nous avons fait le bon choix. Pas que pour le prix, mais aussi pour la beauté de la jungle que nous traversons. Ce n'est qu'après deux heures de marche le long de la voie ferrée que nous arrivons à Agua Calientes. Adeline et moi sommes stressées...nous n'avons pas nos billets pour le Machu Picchu et espérons qu'il en reste. Très gentiment, Adrien et Sophie nous proposent de nous réserver une chambre là où ils logent, pour partir ensemble à l'ascension de la montagne demain matin à 4h30. Nous accélérons le pas jusqu'à la billetterie et là...le sésame nous est délivré! La galère nous paraît très loin derrière à cet instant précis parce que « NOUS ALLONS VOIR LE MACHU PICCHU! »

Le Machu Picchu ça se mérite – 3ème et dernière étape de notre périple andin
Pour moi, la malchance a été remplacée par la souffrance...puis par l'ébahissement!

Nous sommes le jeudi 30 août, il est 4h du matin. Adeline et moi nous préparons à partir pour le Machu Picchu. Je n'arrive toujours pas à croire que je vais le faire! Enfin, avant ça, il y a quand même une petite marche d'une heure et quelques 1716 marches...

Il fait nuit noire quand nous partons et nous sommes loin d'être seules. Il y a 20 minutes de marches jusqu'au pont (qui n'ouvre qu'à 5h), au pied de la montagne. C'est parti pour l'ascension. Très vite, je sens les battements de mon cœur qui s'accélèrent, mon souffle est saccadé, je n'arrive pas à réguler ma respiration. Je transmets le sac à Adeline (nous n'avons droit qu'à 20L sur le site alors nous n'en avons qu'un) qui a l'air bien plus en forme. Je laisse doubler les gens en essayant de récupérer. Adeline et les montpelliérains m'encouragent et me conseillent. La pente est extrêmement raide, les marches n'en finissent plus. A chaque virage je dois m'arrêter. Je ne comprends pas pourquoi je me sens aussi mal. Ai-je commencé trop vite sans contrôler ma respiration? Suis-je malade? En tout cas, j'ai des sueurs froides et ma tête tourne si je fais des mouvements trop brusques. Je ne parviens plus du tout à réguler ma respiration. J'ai l'impression de ne jamais pouvoir y arriver. Mais il y a Adeline devant moi qui me pousse à avancer, et puis il y a le Machu Picchu au bout. J'en arrive même à douter qu'il y ait une fin à ces marches... Je n'y arrive plus, mon corps me fait souffrir et ma respiration siffle. Je mets mes jambes en mode automatique pour n'avoir à me concentrer que sur mon souffle : inspiration...expiration...inspiration...expiration... Dans ma tête, c'est une lutte entre la volonté de laisser tomber et celle de m'arracher. J'ai peur de beaucoup trop freiner Adeline qui avance bien. Je ne veux pas qu'elle rate le lever du soleil. Et là, j'entends le premier bus monter. Comment se fait-il que les bus aient le droit de monter aussi tôt! Je suis choquée qu'ils ne laissent pas plus de temps aux marcheurs, comme une sorte de récompense, un petit moment seuls avec le Machu Picchu. Mais les entendre me donne de la force, je dois avancer. Tout à coup j'entends Adeline crier « c'est la fin, on y est! » Je n'arrive pas à y croire! Je franchis les dernières marches à bout de force et je vois une longue file d'attente due au premier bus qui vient d'arriver... 15 minutes...je n'ai mis que 15 minutes de plus!

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Nous nous mettons dans la file, passons le contrôle des tickets et avançons vers le site. Encore quelques marches avant de profiter... Nous y sommes... c'est...je suis totalement à cours de superlatifs! Ma fatigue s'envole peu à peu. Nous nous trouvons un endroit pour pouvoir observer le lever du soleil sans avoir de gens devant nous. Et nous restons là une heure à prendre des photos, écouter de la musique et à nous émerveiller. Puis nous commençons la visite à notre rythme, sans pression, sans guide qui oblige à marcher au pas de course pour pouvoir prendre plusieurs groupes dans la journée! Nous profitons, tout simplement.

Ce site est éblouissant. Et je crois que le plus impressionnant, c'est que c'est l'œuvre des Hommes. La nature nous offre plein d'endroits plus merveilleux les uns que les autres. Mais les Hommes... Pour moi c'est une première. Chaque maison, chaque temple, chaque édifice se fond avec la montagne. Les rochers ont été conservés. Ils ont construit tout autour. C'est splendide! Nous essayons de visiter les endroits où il y a le moins de personnes. Cela peut paraître idiot mais à ce moment-là nous détestons les touristes. Et puis nous sommes fières d'être venues à pied. C'est comme ça. C'est comme si nous arrivions à nous imprégner d'un peu de la mystique du lieu, ce que nous n'aurions pas pu faire avec un guide.

La journée passe et il est temps de partir... Nous serions bien restées jusqu'à la fermeture, assises dans l'herbe à regarder. Mais nous devons reprendre un train pour Ollantaytambo (l'aller nous a suffi et nous avons un très très long trajet pour revenir jusqu'à Cochabamba). Nous tamponnons notre passeport et entamons la descente. Je préfère faire le trajet dans ce sens! Nous arrivons juste à temps pour monter dans le train en quatrième vitesse. Nous sommes étonnées par la classe de ce train, c'est la première fois que nous prenons un transport à ce point confortable! Et ils nous servent même un café...pour nous c'est le grand luxe! Nous arrivons à Cochabamba le samedi, après 24 heures de trajet. Nous allons pouvoir nous reposer avant de commencer notre stage, des souvenirs plein la tête...

Que de souvenirs!

Que de souvenirs!

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